«Speaking Kokeshi» est un projet culturel qui associe des éléments visuels du Japon 日本,
entre les poupées kokeshi こけし et les proverbes (kotowaza) 諺, les idiomes, les dictons et le mode de vie.
C'est un ensemble de proverbes Japonais illustrés.
La collection a débuté en mai 2023.
De nouvelles Kokeshi sont publiées régulièrement.
Les visuels sont dessinés individuellement.
La traduction et l’explication sont le fruit de recherches visant à réaliser les illustrations.
Pas d'IA ou autre LLMS.
PROVERBES JAPONAIS ILLUSTRÉS
#034
Plus jamais comme avant. 登竜門
登竜門 Tôryûmon
Littéral : Franchir la Porte du Dragon.
Signification : Une porte d’accès au succès ; un seuil de compétition qui, une fois franchi, vous fait changer de statut.
L’expression française « tremplin vers le succès » s’en rapproche, mais elle ne dit pas tout. Tōryūmon n’est pas un simple passage. C’est un seuil bien précis, que tout le monde dans la pièce reconnaît comme décisif, et qui sépare ce que l’on était avant de ce que l’on devient après l’avoir franchi. Le mot vous maintient sur le pas de la porte, pas encore au but. Cette précision s’appuie sur une longue histoire.
La légende vient de Chine. Li Ying (李膺, 110–169), haut fonctionnaire de la dynastie Han, était connu pour reconnaître les lettrés talentueux. Être remarqué par lui était un signe de prestige. On disait alors des savants qu’ils avaient « franchi la Porte du Dragon ». Il s’agissait aussi d’un véritable célèbre et dangereux sur le Fleuve Jaune : selon la légende, toute carpe qui parvenait à sauter la cascade se transformait en dragon. L’image fonctionnait parce qu’elle exprimait quelque chose de très précis : non pas un simple changement de place, mais un changement de nature. On ne progressait pas seulement. On devenait autre.
Cette idée s’accordait parfaitement avec l’idéal confucéen du mérite. Pendant plus d’un millénaire, le système des examens impériaux chinois utilisait la Porte du Dragon comme image emblématique : le lettré d’origine modeste qui réussissait les épreuves suprêmes entrait dans un autre ordre social.
Dans le Japon contemporain, l’expression apparaît partout où l’on sait publiquement qu’une sélection compétitive compte vraiment : concours d’entrée à l’université, recrutement des grandes entreprises, auditions, examens du barreau, prix littéraires. Ce que le mot implique, c’est que le seuil est socialement reconnu, et non fabriqué à titre privé. Il désigne une porte que tout le monde voit.
Chaque printemps, les koinobori (鯉のぼり), ces manches à air en forme de carpe que l’on hisse pour la fête des enfants le 5 mai, rendent la légende visible dans tout le Japon. Les familles en déploient une par enfant, et l’image d’une carpe luttant contre un courant invisible dit, à sa manière, ce que racontait déjà l’ancienne légende : puisse cet enfant avoir la force de franchir la porte. Beaucoup les exposent sans penser consciemment aux dragons. Le sens, pourtant, circule quand même.
C’est peut-être cela, le plus intéressant dans cette expression : elle nomme quelque chose que chaque culture connaît, un seuil qui transforme ce que l’on est.
Speaking Kokeshi#034 — Plus jamais comme avant. — 登竜門
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Speaking Kokeshi est né de mon engouement pour la culture japonaise et de ma passion pour l'art. L'idée initiale était d'adapter la tradition des assiettes parlantes européennes du XIXe siècle à notre époque, en y intégrant les éléments de la culture japonaise. Ce concept s'est transformé en dessin en noir et blanc, débutant par le chat numéro 24 de la collection, avec l'espoir que, contrairement au proverbe qui l'accompagne, vous en tiriez quelque chose de précieux.