«Speaking Kokeshi» est un projet culturel qui associe des éléments visuels du Japon 日本,
entre les poupées kokeshi こけし et les proverbes (kotowaza) 諺, les idiomes, les dictons et le mode de vie.
C'est un ensemble de proverbes Japonais illustrés.
La collection a débuté en mai 2023.
De nouvelles Kokeshi sont publiées régulièrement.
Les visuels sont dessinés individuellement.
La traduction et l’explication sont le fruit de recherches visant à réaliser les illustrations.
Pas d'IA ou autre LLMS.
PROVERBES JAPONAIS ILLUSTRÉS
#031
Les liens se solidifient dans l'adversité 雨降って地固まる
雨降って地固まる « Ame futte chi katamaru »
Littéral : La terre se raffermit après la pluie.
Signification : Une épreuve, une fois traversée, laisse les choses plus solides qu’avant.
La pluie ne détruit pas la terre. Elle la relâche, la rend molle et incertaine un moment, puis, en s’écoulant et en laissant l’air sécher, la laisse plus ferme qu’avant. Les paysans japonais le savaient bien avant que cela ne devienne un proverbe. L’image est presque ordinaire. Mais la logique qu’elle contient est très précise. Un sol qui n’a jamais été travaillé reste meuble et se disperse facilement. Un sol qui a été détrempé puis séché gagne en structure. La difficulté n’est pas un simple décor du résultat. C’est ce qui le produit.
Le proverbe s’est très probablement stabilisé à l’époque d’Edo (1603–1868), quand les observations du monde agricole ont été recueillies et condensées en formes brèves appelées kotowaza (諺, proverbes). La sensibilité qui en ressort n’est ni sentimentale à l’égard de l’épreuve, ni indifférente à celle-ci. La difficulté passe, et ce qui reste est plus solide pour l’avoir supportée.
Au Japon aujourd’hui, l’expression apparaît souvent dans les milieux professionnels. Après un projet tendu, un lancement raté, ou un conflit entre équipes qui a finalement été résolu, elle sert à requalifier ce qui s’est passé. Ce qui ressemblait à des dégâts est relu comme une consolidation. On la retrouve dans les écrits de management, dans les contextes de coaching, et dans la remarque discrète qu’un collègue plus ancien adresse à un plus jeune qui vient de traverser quelque chose de difficile.
Ce qui distingue ce proverbe de ses équivalents occidentaux, c’est la question du lieu où s’opère la transformation. La formule de Nietzsche, « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », place le changement à l’intérieur de l’individu : on survit, on se transforme, on en ressort plus fort. « Après la pluie, le beau temps » parle surtout d’un retour à l’apaisement, d’une éclaircie après la peine. « L'ennemis commun » a quant à lui quelque chose d'éphémère.
Celui-ci dit autre chose : non pas que l’on se sente mieux, ni même qu’on ait grandi personnellement, mais que la situation elle-même, la relation, le lien social, est désormais plus solide qu’avant la difficulté. La nuance est importante. Le proverbe accorde un poids collectif que les versions occidentales n’ont pas toujours. Il ne célèbre pas la seule résilience individuelle. Il constate qu’un terrain éprouvé tient mieux.
Note : le motif igeta (井桁) représente un puits et symbolise la source de vie, l’abondance et la bonne fortune.
Speaking Kokeshi#031 — Les liens se solidifient dans l'adversité — 雨降って地固まる
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Speaking Kokeshi est né de mon engouement pour la culture japonaise et de ma passion pour l'art. L'idée initiale était d'adapter la tradition des assiettes parlantes européennes du XIXe siècle à notre époque, en y intégrant les éléments de la culture japonaise. Ce concept s'est transformé en dessin en noir et blanc, débutant par le chat numéro 24 de la collection, avec l'espoir que, contrairement au proverbe qui l'accompagne, vous en tiriez quelque chose de précieux.