«Speaking Kokeshi» est un projet culturel qui associe des éléments visuels du Japon 日本,
entre les poupées kokeshi こけし et les proverbes (kotowaza) 諺, les idiomes, les dictons et le mode de vie.
C'est un ensemble de proverbes Japonais illustrés.
La collection a débuté en mai 2023.
De nouvelles Kokeshi sont publiées régulièrement.
Les visuels sont dessinés individuellement.
La traduction et l’explication sont le fruit de recherches visant à réaliser les illustrations.
Pas d'IA ou autre LLMS.
PROVERBES JAPONAIS ILLUSTRÉS
#024
Le meilleur des cadeau est gaché si offert à la mauvaise personne. 猫に小判
猫に小判 « Neko ni koban »
Littéral : Donner une pièce d’or à un chat.
Signification : Rappel que transmettre une valeur, sagesse, conseil ou opportunité, à quelqu’un incapable de la reconnaître est un effort inutile.
Le proverbe est attesté pour la première fois dans un texte japonais de 1687. À la fin de l’époque d’Edo, il entre dans les iroha karuta (いろはかるた), un jeu de cartes servant à apprendre l’écriture syllabique hiragana aux enfants.
Le koban, cette pièce ovale en or, est l’un des objets les plus emblématiques de l’époque d’Edo (1603–1868) : une valeur telle que la plupart des gens n’en voyaient jamais de près. Le chat ne mange pas la pièce. Il ne joue pas avec. Il ne la reconnaît même pas comme un objet pertinent. Non par stupidité, mais parce qu’il évolue dans un monde où l’or n’a tout simplement pas de signification opératoire.
C’est ici que la pensée confucéenne éclaire le proverbe. L’idée d’alignement juste, la bonne connaissance au bon élève, la bonne fonction au bon individu, le bon don au bon destinataire, est centrale. La valeur n’existe pas isolément : elle est relationnelle. L’or n’est de l’or que pour celui qui sait ce que l’or représente.
Dans le Japon contemporain, l’expression apparaît là où l’effort réel rencontre une impossibilité de réception. Dans la culture du monozukuri, elle décrit la frustration d’une transmission qui n’a pas trouvé son récepteur : l’apprenti présent sans être prêt, l’étudiant exposé sans encore disposer des bases nécessaires pour recevoir ce qui lui est donné. Le problème n’est pas la qualité du don, mais la justesse du moment et de l’accord. Aujourd’hui, la formule est souvent utilisée avec plus de retenue, moins comme un jugement que comme un constat lucide sur les limites de la bonne volonté.
Il existe aussi une nuance qui nous est moins perceptible. Le chat, neko (猫), occupe dans l’imaginaire japonais une place ambivalente : animal associé à la chance et à l’affection, mais aussi à une forme d’indifférence souveraine aux préoccupations humaines. Le chat n’est pas ici un symbole d’ignorance, mais d’un autre système d’attention. Le proverbe ne condamne pas l’animal, il constate simplement que la rencontre était structurellement impossible dès le départ. Il n’y a ni faute ni responsable, seulement un décalage.
Note : Le maneki-neko (chat porte-bonheur), aujourd’hui associé aux commerces et à la prospérité, tient souvent un koban dans sa patte. Les premières représentations, visibles dans des estampes de l’époque d’Edo, ne portaient pas cette pièce. L’ajout du koban est venu plus tard, avec le développement d’une culture commerciale plus affirmée. Ainsi, le chat qui attire la richesse est devenu, paradoxalement, celui qui tient la pièce que le chat du proverbe ne sait pas reconnaître.
Speaking Kokeshi#024 — Le meilleur des cadeau est gaché si offert à la mauvaise personne. — 猫に小判
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Speaking Kokeshi est né de mon engouement pour la culture japonaise et de ma passion pour l'art. L'idée initiale était d'adapter la tradition des assiettes parlantes européennes du XIXe siècle à notre époque, en y intégrant les éléments de la culture japonaise. Ce concept s'est transformé en dessin en noir et blanc, débutant par le chat numéro 24 de la collection, avec l'espoir que, contrairement au proverbe qui l'accompagne, vous en tiriez quelque chose de précieux.