«Speaking Kokeshi» est un projet culturel qui associe des éléments visuels du Japon 日本,
entre les poupées kokeshi こけし et les proverbes (kotowaza) 諺, les idiomes, les dictons et le mode de vie.
C'est un ensemble de proverbes Japonais illustrés.
La collection a débuté en mai 2023.
De nouvelles Kokeshi sont publiées régulièrement.
Les visuels sont dessinés individuellement.
La traduction et l’explication sont le fruit de recherches visant à réaliser les illustrations.
Littéral : Tomber sept fois, se relever huit fois.
Signification : Faire preuve de résilience à chaque chute, persister malgré les échecs répétés.
La poupée 「 Daruma 」 (達磨 nom phonétique de Dharma), ici associé à l’idée d’« accomplissement par le polissage de soi », est conçue sans membres et avec une base arrondie pour une raison précise : elle se redresse toujours après avoir été renversée.
La figure renvoie à Bodhidharma, moine indien considéré comme le fondateur du chan en Chine au Ve ou VIe siècle, et ancêtre spirituel du zen. La légende raconte qu’il aurait médité neuf années face à un mur de grotte, immobile au point que ses membres se seraient atrophiés. L’idée transmise est que la profondeur spirituelle exige une forme d’obstination radicale, un retour constant à la posture initiale après chaque effondrement.
À Takasaki (ville située à environ 100 km de Tokyo), durant l’époque d’Edo, des artisans transforment cette figure en objet populaire : un talisman de chance lesté de manière à toujours se redresser lorsqu’on le renverse.
Le Daruma est un porte-bonheur, situé quelque part entre la magie, la psychologie et essentiellement la spiritualité. Ce talisman est un soutien dans la réalisation d'un projet. Pour l'utiliser :
• Définir clairement son vœu ou son objectif à atteindre, et l'écrire.
• Colorier ou peindre un des deux yeux en noir.
• Exposer le Daruma bien en évidence chez soi.
• Passer à l'action sans perdre de vue son objectif.
• Peindre le deuxième œil une fois son objectif atteint.
Le proverbe naît du même terreau culturel : discipline zen, persévérance confucéenne et stoïcisme pratique exigé par une société fortement hiérarchisée. L’arithmétique du proverbe mérite attention : sept chutes, huit remontées. L’asymétrie est intentionnelle. On se relève une fois de plus qu’on ne tombe, et c’est là que réside tout le sens. Il ne s’agit pas d’éviter l’échec, ni de « rebondir » de manière spectaculaire, mais d’un excédent discret de continuité.
Les notions japonaises de 「 gaman 」 (我慢, endurance patiente) et de 「 nintai 」 (忍耐, persévérance) s’en rapprochent étroitement et restent encore très présentes dans les discours scolaires, sportifs et professionnels.
Aujourd’hui, le proverbe circule largement, des campagnes de préparation aux examens aux slogans d’entreprise, jusqu’aux réseaux sociaux après les compétitions. Son usage a légèrement glissé : d’une endurance collective vers une résilience individuelle, en phase avec le vocabulaire mondial du développement personnel.
« Il faut essayer encore et encore » a valeur d’instruction, presque pressante.
「 Nana korobi ya oki 」 relève davantage du constat, c’est ainsi que fonctionne la vie quand on continue d’avancer. L’échec n’est pas un obstacle à contourner, mais la condition même qui donne sens au fait de se relever.
Note : la teinte gris-blanc du Daruma symbolise (dans certaines interprétations modernes) l’équilibre, l’harmonie et la pureté.
L’inscription 持久 (jikyū) signifie endurance, durée, persistance.
Speaking Kokeshi#040 — Quand on échoue, on recommence. — 七転び八起き
Speaking Kokeshi a débuté en mai 2023 à partir d'un constat simple : le Japon possède l'une des traditions d'expression proverbiale les plus riches au monde, et la plupart de ces expressions sont soit inconnues hors du pays, soit réduites à quelques concepts populaires vidés de leur contexte.
L'idée originale était d'adapter la tradition des assiettes parlantes européennes du XIXe siècle à notre époque — des objets qui portaient une phrase, un visage, une morale. La poupée kokeshi était le bon vecteur. Sobre, distinctive, ancrée dans l'artisanat japonais, elle permet à l'illustration de porter du sens sans excès.
Quarante proverbes. Quarante personnages. Chacun dessiné individuellement, chacun le résultat d'une recherche sur les origines culturelles et historiques de l'expression. Pas un catalogue. Un livre avec un point de vue.