«Speaking Kokeshi» est un projet culturel qui associe des éléments visuels du Japon 日本,
entre les poupées kokeshi こけし et les proverbes (kotowaza) 諺, les idiomes, les dictons et le mode de vie.
C'est un ensemble de proverbes Japonais illustrés.
La collection a débuté en mai 2023.
De nouvelles Kokeshi sont publiées régulièrement.
Les visuels sont dessinés individuellement.
La traduction et l’explication sont le fruit de recherches visant à réaliser les illustrations.
Pas d'IA ou autre LLMS.
PROVERBES JAPONAIS ILLUSTRÉS
#015
Prendre les devants. 転ばぬ先の杖
転ばぬ先の杖 « korobanu saki no tsue »
Littéral : Une canne avant de trébucher.
Signification : Prendre des mesures en amont pour éviter les problèmes.
L’image est simple, presque discrète : une canne tenue à la main avant la première chute. Pas après. Avant. Ce seul détail change tout.
Les conceptions occidentales de la prévention sont souvent réactives. « Mieux vaut prévenir que guérir » suppose déjà un danger identifié. « Être prévenu, c’est être armé » implique qu’un avertissement a été reçu. Ce proverbe, lui, demande quelque chose de plus silencieux : porter la canne avant même d’avoir une raison de s’en servir. Le risque est hypothétique. La canne, elle, est réelle.
Cette posture est profondément ancrée dans la pensée japonaise. Les historiens situent généralement ce type de kotowaza dans la sagesse pratique de l’époque d’Edo (1603–1868), où la culture marchande urbaine a développé une véritable philosophie de l’anticipation. Ni stoïcisme guerrier, ni détachement zen, mais une intelligence concrète du quotidien. Comprendre que les difficultés arrivent rarement annoncées. Dans le commerce comme dans la vie urbaine, réussir signifiait lire les conditions avant qu’elles ne changent. La canne appartient à cette logique.
Dans le Japon contemporain, l’idée est omniprésente. Les campagnes de prévention des catastrophes y font régulièrement appel, dans un pays où le risque sismique est une réalité permanente. La culture de la bōsai (防災, prévention des désastres), renforcée après le séisme de Kobe en 1995, a redonné au proverbe une portée presque littérale. On le retrouve dans les communications des collectivités locales, les guides de gestion financière, les conseils éducatifs et les programmes de prévention des chutes pour une population vieillissante — autant de contextes où la canne n’est plus une image, mais un objet concret.
Ce que cette expression porte de particulier, par rapport à ses équivalents occidentaux, c’est une certaine tranquillité. La canne n’est pas portée dans la peur. Elle fait partie du quotidien, comme un parapluie qu’on prend sans angoisse particulière du mauvais temps. Cette forme de préparation silencieuse est autant une disposition culturelle qu’un conseil pratique.
Note : le motif kōjitsunagi (庚字繋ぎ) est une composition décorative fondée sur la répétition et l’entrelacement du caractère kō, donnant une impression de continuité infinie et associée à la bonne fortune.
Speaking Kokeshi#015 — Prendre les devants. — 転ばぬ先の杖
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Speaking Kokeshi est né de mon engouement pour la culture japonaise et de ma passion pour l'art. L'idée initiale était d'adapter la tradition des assiettes parlantes européennes du XIXe siècle à notre époque, en y intégrant les éléments de la culture japonaise. Ce concept s'est transformé en dessin en noir et blanc, débutant par le chat numéro 24 de la collection, avec l'espoir que, contrairement au proverbe qui l'accompagne, vous en tiriez quelque chose de précieux.